Quelques secondes

11 mai 2016 at 13:05 (Uncategorized)

Ce jeudi-là, était férié. ça allait être une belle journée, mes enfants ici pour le souper, et le petit loulou-sourire en prime.

Il a décidé d’aller faire le plein d’essence pour sa moto, oh pas loin de son lieu de travail, parce que dans son bled perdu il n’y a pas de pompe. Et là, presque à hauteur de son boulot, une voiture lui a coupé la route.

Mon Jimmy m’appelle, affolé, une dame a trouvé son numéro dans le gsm, votre papa a eu un accident il est « salement amoché ». Garder son calme, le rassurer (mais comment ?) lui dire de venir jusqu’ici puisqu’il est justement en ville, je vais tenter de prévenir la compagne de mon Thomas, qui est impossible à joindre puisqu’il a fait la nuit et qu’à cette heure il dort encore. Ne pas trembler, il faut gérer… Elle est justement chez sa maman, peut donc lui laisser le petit loulou, foncer chercher Thomas que les appels avaient justement éveillé et se précipiter sur les lieux de l’accident. Ambulance, Smur, pompiers, la totale. Je n’imagine que trop bien sa peur en arrivant sur place. Heureusement il voit bouger un bras, ouf.. il est conscient c’est la jambe qui est salement amochée. Peut-être la colonne vertébrale…

Comme dans un cauchemar. Le temps est suspendu, au bord du vide. Mon Jimmy ici et qui ne sait plus où il en est, perdu et apeuré. Rassurer, il le faut, même sans en savoir plus. Chirurgie, plusieurs fractures ouvertes. Ils seront ici pour le souper malgré tout, l’opération durera des heures à quoi bon rester là-bas.

Pas de larmes -du moins pas devant moi-, ils gèrent. La police, l’hôpital, les formalités, tout ça. Mais gérer surtout cette p’tain d’angoisse. Ce sont des hommes, oui merci je sais ! Mais mes gamins quoi, à jamais.

Moi je tente de soutenir, rassurer malgré l’inconnu. Rien d’autre, ce n’est pas ma place, évidemment..

Mais merde, 21 ans tout de même quoi.

Et le trou énorme, dans mon cœur de maman. Envie de les prendre dans mes bras, eux et leur p’tain de pudeur qui barre tout.

Soutenir, mais comment je ne peux aider en rien ! Sauf être là, au jour le jour. Et ça va être long…

P’tain d’injustice et de destin à la con. Il suffisait de quelques secondes. De plus, ou de moins à la station essence…

 

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