16 mars 2016 at 13:21 (Uncategorized)

Une taverne-resto en semaine, juste histoire de. Seule, et quand j’arrive le serveur me tend la main, et me demande si je vais bien. Je m’assieds toujours au fond de la salle, il m’apporte d’office un coca zéro. J’aime cette ambiance, tout à côté de chez moi, quelques habitués et le plat du jour, souvent. Et puis sans prévenir, tout d’un coup un manque énorme, une envie d’être à cette table avec ma grand-mère adorée. Elle qui aimait tant aller au resto ! Je l’imagine là, en face de moi, commenter le chapeau ridicule de cette vieille dame qui mange sans l’avoir ôté. Qui je pense, mange carrément là tous les soirs car quel que soit je jour de la semaine où j’y viens, elle est là et systématiquement à la même table. Et a toujours des chapeaux rigolos, à genre 85 ans faut oser. Assumer surtout 🙂 Bref ma mémé me manque. Tout le temps, mais pourquoi tant et justement à ce moment là ? « Tu as vu mémé? J’suis sûre que de là-haut tu l’avais repéré. » Puis toutes ces pensées qui reviennent au galop.. Elle, couturière. Tailleuse, qu’elle disait, je ne sais pourquoi je n’aime pas ce mot là. L’atelier, les petites mains, la « fourmillière » comme elle l’appelait, puis le magasin, tellement raconté que je peux le voir presque réellement et autrement que totalement vide, pièce à jamais abandonnée, dans la grande maison. Sa cousine et aussi voisine, Clémence la modiste, qui m’a toujours effrayée tant elle était austère (on l’appelait Folcoche 🙂 ). Et forcément la boutique partagée, les vêtements, et puis les chapeaux (et les têtes en bois, supports nus et impersonnels qui faisaient tellement peur à mon petit frère, une fois mis à la retraite et alignés dans le grenier).Tellement de souvenirs, la grande maison. Mes vraies vieilles pierres.

Purée la nostalgie…. j’en ai la gorge serrée, envie de rentrer sans manger.

Puis arrive un couple à la table à côté, bobos/écolos, avec leurs 2 filles. La plus grande s’appelle Bertille (mandieu), sa maman lui donne des crayons, une feuille, et à chaque fois qu’elle parle son père, visiblement excédé lui dit ‘Bertille, calme-toi!’ Gn. J’ai envie de la prendre sur mes genoux et de faire avec elle un grand dessin, de son père avec un balai dans le c*l. La petite, un peu plus d’1 an, il la réveille (!) la sort de son buggy, l’installe dans une chaise haute trop grande. La petite est visiblement encore fatiguée, pleurniche et se fait systématiquement reprendre par l’homme au balai, toujours aussi excédé. « Estelle ! » suivi d’un grand soupir. La mère sourit béatement, ne doit pas fumer que du tabac celle là.

« Estelle, pffff  » « Estelle !! » Estelle, encore et encore.. et j’ai envie de rire, d’un coup me vient en tête cette phrase d’une chanson de Pierre Perret 🙂 Si vous voyez Estelle, dites-lui mes amis… »  (cherchez sur Youtube, haha)  Pauvre petite, rien à voir avec toi hein, mais c’est si drôle devant le père qui râle de plus en plus, que j’en souris béatement, là seule à ma table..

Ah le père qui ne supporte pas ses mômes, si il savait… 😀

Merci petite mémé pour le clin d’œil,

Et je peux savourer mon repas, hilare dans ma tête, à chaque « Estelle! » aboyé.

Mais, enfin sereine.

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