14 janvier 2015 at 13:02 (Uncategorized)

Une semaine. Une semaine presque heure pour heure que je vis, comme bien d’autres je suppose, hors du temps. Comme hébétée.

C’était mercredi. Comme pour d’autres faits marquants (le 11 sept of course, la mort de Coluche, Brassens ou  Balavoine..), moi aussi je me souviens et me souviendrai exactement du contexte lorsque j’ai appris la tuerie. La radio allait, bien sûr. Comme je l’ai déjà dit, j’écoute une radio-rock qui ne fait pas la part belle aux infos, pas de flash chaque heure, et ça me va, moi l’autruche qui évite même les journaux télévisés d’habitude. Mais à la radio, je ne sais même pas si il y a eu un flash spécial vers midi trente parce que j’étais occupée avec le repas des petits potes. 6 ce jour là, c’t’à dire un peu le souk, et pas très silencieux, quoi. Ils mangent 2 par 2, et quand le chat est coincé avec les 2 souriceaux, les autres souris dansent pas mal 🙂 Bref, 12h 45 tout le monde est au lit, je passe zieuter Facebook comme d’hab. Un lien, un seul, sur le mur, qui annonce une attaque à Charlie Hebdo et au moins 11 morts. Pas relayé, ni encore posté par d’autres amis, j’ai cru à un fake. Mais j’ai tout de même cliqué…

Et depuis une semaine, je ne sais plus trop nommer le nombre de sentiments par lesquels je suis passée. Moi qui évite toujours soigneusement les infos pour ignorer le(s) malheur(s), je ne me reconnais plus. J’ai passé des heures sur le net, ou devant la télé, allumée vendredi, samedi, dimanche, toute la journée -oui, vendredi depuis la matinée et même avec les petits, qui je dois dire n’en avaient rien à faire et vivaient leur vie, tranquilles.- J’ai écouté, vu, lu tout ce qu’il m’était possible. On s’est assis, les parents arrivés au moment des assauts des forces spéciales et moi, mi-hébétés mi-soulagés, devant la télé.

Il y avait aussi, rien à voir mais vachement important, le départ de mon petit pote chouchou, puisqu’hier il rentrait à l’école. Les cadeaux, reçus et offerts. Et les larmes, encore. Dure soirée dis donc.

Zapper le resto du vendredi, impensable et impossible d’y aller. Téléphoner à mes gamins, encore. Besoin de les entendre, même en faisant la fortiche-tout-va-t’inquiète-pas. Et bisou mon loulou, bisou et encore bisou. Tellement.

ça fait donc une semaine que j’avale des infos et des images horribles, ou tellement poignantes. Une semaine que je n’ai pas bougé d’ici, à part samedi pour le ravitaillement obligé. Une semaine que je gère -ou pas- les larmes qui débordent, que je me réfugie à fond dans l’innocence les calins et la gaité de mes petits potes, que je gueule ou me révolte pour tout ou rien (au tél, par ex, l’employé pourri d’une administration s’en souviendra longtemps je pense 🙂 ), ou encore reste hébétée sans arriver à émerger. Que je me dispute sur fb avec un ‘ami’ -tu parles, un ancien d’école primaire qui s’est greffé dans un groupe- et dont le mur anti-musulman me débecte. (et pourquoi ce ***** de fb refuse mes signalements, arguant que ça ne va pas à l’encontre de ses standards de la communauté !?!?!!) Bref, j’ai fini par bloquer le raciste, mais ça me fait ch*** de savoir qu’il continue, et en toute impunité, en plus. Calme toi ma chouette, on me dit, tu ne changeras pas le monde, pis tu vas te faire un infar. C’est ça. Gn.

Une semaine que je dors mal, et très peu en plus. Parce que je traine sur le net en soirée, je cogite, puis tard le soir histoire de me vider la tête, je déménage les meubles -musique à fond les ballons, vide et range des armoires qui n’en ont pas besoin, ou bien m’enquille 3 épisodes de Mad Men sur l’ordi. Ou plonge mon chien dans la baignoire à 22 h, juste parce que j’ai envie qu’il soit tout doux et sente bon.

Je ne me reconnais plus, dis donc. Et j’ai peur. Peur que ce ne soit pas fini, peur de ce p’tin de monde de dingues.

Vivement que je retrouve ma bulle douillette et hermétique, que le nuage noir se dissipe je veux revoir mon nuage rose ! Au moins, peut-être arriverai-je à me réjouir de l’entretien d’embauche (enfin!) cette après midi de mon Jimmy qui s’annonce d’office bien, en plus. Au lieu de bêtement me tordre les boyaux rien qu’à penser l’hiver qui en ce moment fait à nouveau des siennes, pile poil pendant que mon gamin est sur l’autoroute pour se rendre à cet entretien, plus d’1heure de trajet pour arriver là bas au trou du cul du monde dans les fagnes, lui qui n’a jamais encore roulé sur neige ni verglas. J’entends les infos routes qui parlent neige, verglas, accidents sur le trajet qu’il effectue, et je suis morte d’inquiétude…. (oui je sais j’suis trop conne, pas utile de me secouer en mp j’vous répondrai pas 🙂  )

Bon, je vais me prostrer dans le divan en attendant 13h30, heure où il sera sensé être arrivé et le sms qui l’annoncera.

Puis je reviens vite et plus légèrement, promis.

 

 

 

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