23 juillet 2013 at 00:02 (Uncategorized)

Et donc les cendres, c’était horrible. Cette urne qui revient, au bout de 2 heures. Ces cendres dispersées, sous un saule, et par grand vent tout à coup. Ces fleurs qui restent là, inutiles. Et cette chaleur, écrasante. Un tourbillon, entre lundi et jeudi. Ca a passé vite, comme si c’était irréel. Le funérarium, les visites, tout ça.

Et puis quoi. La fin d’un cycle, d’un long long cycle. De quatre cinquièmes de ma vie. Maintenant on n’a plus ce nuage constant au dessus de la tête. Ce quotidien avec une mère alcoolique. Maintenant, il parait, on nous dit, que mon frérot et moi allons débuter une nouvelle vie. Et je veux bien le croire ! Je ne sais pas comment je me sens, j’ai tellement de rancoeur face à tout ce gâchis. La phase colère, on va dire ça. Maintenant je n’ai plus qu’un but : me reconstruire, je n’avais jamais eu une vraie maman. Là c’est sûr que c’est pour de bon, cette fois j’ai compris.

Me reconstruire, pour cette nouvelle vie. Tout change à nouveau, avant j’aurais dû lui louer la maison, lui payer un loyer. Cette fois je vais devoir acheter la part de mon frère, puisqu’on est les 2 héritiers. La donne a changé, il faut maintenant me lancer dans la valse des renseignements pour un crédit, visite chez le notaire demain pour qu’il nous explique vraiment ce qu’il en est, ce que l’on doit faire.

Cette fois, la maison sera vraiment à moi, je n’en serai pas locataire. Quelque part c’est plus simple pour moi. Je vais être réellement chez moi, je commence seulement à le réaliser…

Mais je ne sais toujours pas comment je me sens. Passer de fille d’alcoolo à orpheline de mère c’est étrange, même quand on a 50 ans. Oui j’ai craqué, quelques fois. Mais je n’ai pas encore vraiment pleuré. Je suis allée chez elle, je lui ai parlé, je lui ai dit toute ma colère face à sa (nos) vie(s) gâchée(s). J’ai hurlé ma colère, j’ai shooté dans les sacs remplis de cette ***** de frigolite arrachée du plafond. Il y en avait partout c’est pas malin j’ai dû tout ramasser 🙂 J’ai aussi été aux francos, et tant pis si on me juge mal, oui j’ y suis allée. Je me suis ennivrée de concerts et de bruits, de la foule dense et de la chaleur écrasante. C’est bien mieux que s’ennivrer réellement de toute façon. J’ai retrouvé les potes habituels, j’ai parlé j’ai ri et même dansé. Et alors, qui peut se permettre de me juger en connaissant notre histoire ? Mes proches comprennent, et approuvent ce sont même eux qui m’ont poussé à y aller, au lieu de rester chez moi tout le week-end. Et les langues de vipère, je n’en ai plus que faire.

Je vais commencer une nouvelle vie. Cette phrase sera sûrement mal venue, pourtant maintenant, et pour la première fois depuis que j’ai une dizaine d’années, je me sens libérée. De ces cailloux dans l’estomac. De cette crainte, malgré moi constante, à chaque coup de fil, chaque visite. Libérée de toute cette méchanceté.

De cette attente d’une vraie mère, aussi.

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