Mes vieilles pierres

31 juillet 2013 at 14:09 (Uncategorized)

Les vieilles pierres. Vous savez, j’en ai déjà parlé ici. Avant mes vieilles pierres c’était la maison de ma grand-mère, la maison de mon enfance. Puis la maison de mon mariage, mes racines et celles de mes enfants, sectionnées d’un coup sec. Depuis 11 ans, j’habite chez d’autres, je loue leurs murs.

Et là tout bientot, d’autres vieilles pierres, enfin à moi. Des murs, les miens ! A parer, à recouvrir entièrement. De gyproc, dans un permier temps, toute la maison va y passer. Histoire de redresser l’aplomb, puis surtout de rafraichir. Ensuite ça sera la valse des papiers peints, oui ça revient à la mode et décidément j’adore ça, j’ai déjà mes idées pour chaque pièce dois-je vous dire à quel point je me réjouis ?  🙂

Un mur, aussi, grrr. Une sale découverte vendredi en ôtant un haut buffet de 3 mètres de long…. de l’humidité ! Tudieu tout se passait trop bien ! L’étage était entièrement vidé, les meubles à jeter démontés, les autres en attente d’enlèvement (ça sera fait demain), et la cloison entre les 2 chambres du 1er assassinée dans les règles de l’art par mon Thomas. Tout avançait bien donc. Samedi allait se passer en trajets vers le parc à conteneurs, et il n’y avait plus qu’à attendre que l’électricité soit en place avant de commencer à recouvrir les murs.

Et vlan, on ôte l’énorme buffet, et on découvre la  tache humide. On creuse, et oh misère les briques, les joints, tout s’effrite. Evidemment c’est le mur mitoyen avec la maison d’à côté, sinon ce ne serait pas gai hein 🙂

J’étais, comment dire… plus que défaite. La déprime, en plus de la fatigue accumulée. A m’asseoir par terre et juste pleurer. Mon frangin, Thomas, sa schtroumpfette présents tentaient de me rassurer « tout problème a sa solution, ne panique pas d’avance ». Bref dès samedi matin je me mets en quète d’une entreprise pouvant régler le problème, et au final ça s’annonce bien ! Un technicien est venu hier mesurer l’étendue des dégats, et le mur ne devra pas être abattu, hourra ! Car cela n’aurait pas été simple : la maison voisine a été achetée l’an dernier mais est depuis innocupée et de plus, impossible de joindre les proprios. Donc il faudra juste traiter avec un produit, et l’homme est sûr de ses résultats, garantis 30 ans (et compte sur moi pour réagir durant les 30 ans à venir dès le moindre problème, héhé). Alors injection du produit miracle très rapidement, (ponction de 2000 euros ça c’est moins gai, le zig veut traiter toute la longueur du mur -8mètres- par prévention), et hop on pourra déjà couvrir de gyproc puisqu’il y aura un vide ventilé, logiquement l’entrée dans la maison ne sera pas retardée !

Tiens, en parlant de produit miracle, après moults essais pour nettoyer le plafond tout en bois brut du salon-salle-à-manger bien dégeu et imprégné de 25 ans de nicotine (beurk beurk) -en désespoir de cause on avait même essayé au karcher, mais il aurait fallu répéter l’opération au moins 5 fois pour que l’eau soit enfin claire, et ça aurait trop abimé et mouillé la pièce-, j’ai trouvé LE primer miraculeux, un truc anti taches, et de couleur blanche comme la couleur prévue et qui elle, enfin, ne laisse pas repasser la couleur brunâtre au sêchage comme les couleurs normales. Y’a plus qu’à, quoi…… il faut d’abord faire toutes les fentes entre planches, poutres et voliges, et puis ce truc est tellement épais que pour la peinture proprement dite ça se fait à au mini rouleau (6cm le rouleau, 34m2 le plafond…j’suis pas rendue…) Et vu que j’ai repris le boulot avant hier, je vais aller y passer toutes mes soirées. Olé 🙂

Et donc cette maison, autant j’appréhendais d’y habiter, d’habiter chez elle , autant maintenant je me l’approprie tout doucement. Je reconnais déjà le bruit particulier que fait la porte d’entrée pile à 3 cm de l’ouverture/fermeture. Je ne loupe plus systématiquement  la dernière marche de l’escalier (moitié moins haute que les autres) en descendant. Je décide de l’emplacement de la future cloison, et ainsi de la grandeur de ma chambre. Pas question de dormir dans ce qui était la sienne, là j’y mettrai les petits potes. Le grenier est aménagé, il suffirait de rafraichir les 2 autres chambres abandonnées depuis au moins 25 ans, mais je n’en ai pas l’utilité, pas le temps de toute façon, et encore moins l’envie.

Tout sera beau, et (enfin) propre.

Et je serai chez moi. CHEZ MOI 🙂

Quelques photos pour vous donner une idée….

Tout d’abord vue sur la moitié du salon-salle à manger et du plafond, avant l’enlèvement des plaques de frigolite entre les voliges (frigolite blanche au départ..il y a 25 ans…là : couleur nicotine…)  et au fond à gauche, le buffet qui cachait le mur humide

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                                                                                                                                                        Le plafond après enlèvement de la frigolite (restait à enlever toutes les taches de colle, à l’huile de bras, armée d’une spatule et d’un marteau,

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                                                                                                                                                             et là, le début de sa tenue d’été  🙂 vivement qu’il soit terminé !

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23 juillet 2013 at 00:02 (Uncategorized)

Et donc les cendres, c’était horrible. Cette urne qui revient, au bout de 2 heures. Ces cendres dispersées, sous un saule, et par grand vent tout à coup. Ces fleurs qui restent là, inutiles. Et cette chaleur, écrasante. Un tourbillon, entre lundi et jeudi. Ca a passé vite, comme si c’était irréel. Le funérarium, les visites, tout ça.

Et puis quoi. La fin d’un cycle, d’un long long cycle. De quatre cinquièmes de ma vie. Maintenant on n’a plus ce nuage constant au dessus de la tête. Ce quotidien avec une mère alcoolique. Maintenant, il parait, on nous dit, que mon frérot et moi allons débuter une nouvelle vie. Et je veux bien le croire ! Je ne sais pas comment je me sens, j’ai tellement de rancoeur face à tout ce gâchis. La phase colère, on va dire ça. Maintenant je n’ai plus qu’un but : me reconstruire, je n’avais jamais eu une vraie maman. Là c’est sûr que c’est pour de bon, cette fois j’ai compris.

Me reconstruire, pour cette nouvelle vie. Tout change à nouveau, avant j’aurais dû lui louer la maison, lui payer un loyer. Cette fois je vais devoir acheter la part de mon frère, puisqu’on est les 2 héritiers. La donne a changé, il faut maintenant me lancer dans la valse des renseignements pour un crédit, visite chez le notaire demain pour qu’il nous explique vraiment ce qu’il en est, ce que l’on doit faire.

Cette fois, la maison sera vraiment à moi, je n’en serai pas locataire. Quelque part c’est plus simple pour moi. Je vais être réellement chez moi, je commence seulement à le réaliser…

Mais je ne sais toujours pas comment je me sens. Passer de fille d’alcoolo à orpheline de mère c’est étrange, même quand on a 50 ans. Oui j’ai craqué, quelques fois. Mais je n’ai pas encore vraiment pleuré. Je suis allée chez elle, je lui ai parlé, je lui ai dit toute ma colère face à sa (nos) vie(s) gâchée(s). J’ai hurlé ma colère, j’ai shooté dans les sacs remplis de cette ***** de frigolite arrachée du plafond. Il y en avait partout c’est pas malin j’ai dû tout ramasser 🙂 J’ai aussi été aux francos, et tant pis si on me juge mal, oui j’ y suis allée. Je me suis ennivrée de concerts et de bruits, de la foule dense et de la chaleur écrasante. C’est bien mieux que s’ennivrer réellement de toute façon. J’ai retrouvé les potes habituels, j’ai parlé j’ai ri et même dansé. Et alors, qui peut se permettre de me juger en connaissant notre histoire ? Mes proches comprennent, et approuvent ce sont même eux qui m’ont poussé à y aller, au lieu de rester chez moi tout le week-end. Et les langues de vipère, je n’en ai plus que faire.

Je vais commencer une nouvelle vie. Cette phrase sera sûrement mal venue, pourtant maintenant, et pour la première fois depuis que j’ai une dizaine d’années, je me sens libérée. De ces cailloux dans l’estomac. De cette crainte, malgré moi constante, à chaque coup de fil, chaque visite. Libérée de toute cette méchanceté.

De cette attente d’une vraie mère, aussi.

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17 juillet 2013 at 23:17 (Uncategorized)

Prendre le bus en même temps que des chevaliers en armure et cotte de maille, des gentes dames, et ne même pas remarquer le surréalisme de la situation. Aller acheter des boissons, du café et des bonbons, et se perdre dans la superette pourtant connue. Paumée. Arriver à sourire à un croque-mort, juste pour sa gentillesse. Aller chez la fleuriste habituelle, mais pour une fois détester acheter des fleurs. Craquer, parfois, faire la dure et gérer au mieux, tout le temps. Un peu moins de 2 mois de tourbillon, d’hopital puis de maison pour tous ces pieds déjà dans la tombe. Gérer, encore. La panique surtout. Et le souvenir de la dernière image. Etre proche de mon frérot, unis, encore plus. Redouter demain. Et détester d’avance et à tout jamais, les cendres.

Ma mère est morte lundi.

 

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10 juillet 2013 at 10:02 (Uncategorized)

J’avais dit que je ne viendrais plus trop en parler ici. Mais là c’est tellement le souk dans ma tête qu’il faut. Que j’écrive. Peut-être qu’en me relisant, tantôt ou demain, j’y verrai plus clair. Ma mère, bien sûr. Depuis vendredi elle ne sait plus marcher, n’a plus le réflexe d’avaler même l’eau ressort de sa bouche ouverte, ou à l’inverse avale tout rond, s’étrangle et tousse. Et puis quand elle parle ce sont des débuts de mots, des bégayements délirants. Inaudibles, il faut lire sur les lèvres pour essayer de comprendre. Et puis depuis dimanche, elle dort presque constamment, 20 heures par jour et le reste du temps elle est complètement hagarde. Hier j’ai eu un appel de l’infirmière chef, le toubib a enfin décidé de stopper l’Aldol. Quand j’avais suggéré dimanche soir qu’on ne lui en donne plus vu son état, on m’avait répondu « c’est inscrit sur la fiche, pas de toubib ni d’infirmière chef aujourd’hui on ne peut prendre aucune décision ». Pff. Voilà, le médecin est passé lundi et plus d’Aldol l’était temps qu’ils se rendent compte qu’elle n’est plus agitée, et n’a même plus la force d’essayer de sortir du lit ou du fauteuil où on l’attache pour ne pas qu’elle tombe 5 fois par jour comme avant. Donc hier matin, soi disant le neuroleptique allait être vite éliminé de l’organisme, et elle allait être à nouveau éveillée. J’y suis allée le soir, histoire de lui demander si elle ne souffre pas, voir si -même délirante- elle réagirait à nouveau.

3/4 heure à lui parler -presque crier- , lui demander d’ouvrir les yeux, de serrer la main. Paraît qu’elle était dans cet état depuis le matin. Les infirmières ne comprennent pas qu’elle « dorme » si profondément et supposent que c’est une réaction à ce médicament. Il fait 30° mais elle n’a rien bu de la journée, rien mangé évidemment. « Si il n’y a rien dans le lange on lui mettra une perf tantot pour l’hydrater », ne vous inquiétez pas c’est sûrement l’Aldol qui n’est pas encore évacué de son organisme, ça ira mieux demain ou après ». Elle dort là ? Bah on n’en sait rien, le médecin avait stoppé un médicament pour le coeur mais ça n’a pas l’air d’avoir d’incidence, il n’y a aucune souffrance cardiaque visible à l’examen. Donc c’est sûrement l’aldol. Personne ne sait, ni n’a l’air de vouloir savoir. Alors j’ai soulevé lentement sa paupière, et fait des gestes brusques juste devant l’oeil avec ma main. Et aucune réaction, l’oeil, l’iris, la pupille, rien ne bouge. L’aide soignante dit « alors c’est peut-être un semi-coma. Attendez 24 ou 48 heures quand le médoc qui l’a assomé sera éliminé, et on saura………………………. »

Edit 12h30 : elle s’est réveillé durant un instant. Faible mais éveillée. Complètement hagarde et dans le gaz, mais bon si semi-coma il y eu, pour l’instant on n’en parle plus.

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1 juillet 2013 at 23:15 (Uncategorized)

Un week-end presque parfait. (si l’on excepte les visites à la maison de repos, mais bon il est temps que j’arrête de venir vous gonfler avec ce sujet).

Sinon un samedi lui, parfaitement parfait (ben si que ça se dit)! Un après midi en ville avec une copine plus que sympa, un chouette bond dans le passé, et un présent qui me va. Les amies retrouvées, et pour qui c’est comme si on ne s’était jamais quittées. Ben c’est pas des mots bateau moi je vous le dis 🙂

Bref on a beaucoup parlé, et je dis vivement la prochaine fois. On a aussi fait les boutiques, et tiens j’ai même acheté un chouette miroir pour le futur nid :

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(Un trompe-l’oeil sympa, avec les volets mobiles et tout ça le fera sur un mur sans fenêtre non?)

Et à part ça, ce week-end était aussi celui des beach days dans mon village. Ah les habituels et annuels beach days…. cette année, pour jeudi et vendredi c’était plutôt gadoue-days. Bah mes zouaves n’y jouaient pas cette fois, donc pas de camping boueux c’est déjà ça 🙂 Tous ceux qui y étaient depuis mercredi se promenaient encore samedi avec de la boue jusqu’aux genoux….. Sinon les 5 jours de guindaille, ça mon Thomas ne les a pas loupé, gn. Je me demande quand celui là se décidera enfin à grandir.

Pour ma part je n’y suis allée que samedi soir et j’ai déclaré forfait assez vite, les concerts proposés ne me bottaient pas du tout et j’ai préféré rentrer tôt.

Un dimanche en ville, oué j’ai remis ça, boutiques ouvertes en pré-soldes mais je n’y allais pas pour des fringues. Et j’ai trouvé exactement ce que je cherchais pour un futur bricolage de la future maison, pour réaliser une lampe originale. Avec des bocaux de verre, voui voui. Si j’y arrive je mettrai des photos..

Encore 2 semaines de boulot bien chargées avec mes petits potes, et au bout les congés ! Les congés, et donc les Francofolies héhé. Mais ça j’en reparleai hein vous vous doutez 🙂

Des bises les gens, bonne fin de soirée !

 

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