Que faisiez-vous?

11 septembre 2011 at 12:19 (Uncategorized)

Quelle manie ont les gens de poser cette question à chaque évènement triste qui a pu marquer votre vie ! Que faisiez-vous le 11 septembre il y a 10 ans? Moi j’étais à la maison, la maison d’avant, celle de mon mariage. Je gardais mes petits potes, une maman est entrée et m’a dit « il parait qu’il y a un grave accident d’avion en Amérique, ça passe sur toutes les télés » Alors on a allumé la petite télé dans la cuisine, et on s’est carrément laissé tomber chacune sur une chaise en voyant le 2ème avion s’encastrer dans la tour. Et comprendre l’attentat, pendant qu’autour de nous les enfants jouaient gaiement.

Que faisiez vous quand vous avez appris la mort de Lady Di, ou de M. Jackson? Pour l’une j’étais en voiture, et j’écoutais la radio. C’était un dimanche matin, jour de repas en famille chez les beaux parents.Je me souviens juste avoir pensé à ses enfants. Pour M.Jackson, mon Jimmy qui était en pleine guindaille m’a envoyé un sms « il y a des rumeurs ici, c’est vrai que M.Jackson est mort? » Mais pour une fois, je n’ai pas entendu mon gsm, et je n’ai vu le message que le dimanche matin. Pour moi ce n’était pas un triste évènement.

Je me rappelle avec tristesse être entrée dans la voiture un soir, àla radio il y avait Max Meynier dont l’émission allait débuter, et qui a juste dit un truc du genre « je ne sais pas comment je vais pouvoir animer ce soir, Georges Brassens est mort » Et j’avais pleuré doucement.

Un matin, mon mari quitte la maison pour s’en aller au boulot. Quelques secondes plus tard, marche arrière, je vois la voiture revenir vers moi, il ouvre la vitre et me dit  « Lino Ventura est mort, je viens de l’entendre à l’instant, ça va aller, toi qui l’aimais tant? »

Quelle manie a-t-on de garder gravée ainsi la mémoire de ces instants? Bah ce sont des instants appartenant à tout le monde, en fait. Des nouvelles qui tombent ainsi, mais qui ne font pas partie de notre vie privée. Je pense qu’on s’en souvient principalement parce que dans les heures, les jours qui ont suivi les médias nous en ont abreuvé jusqu’à l’écoeurement.

Dans notre vie perso, c’est pas si différent en fait. On garde tout, mais lié à l’affect, donc puissance 1000. Jamais je n’oublierai la voix de mon frère au tél, « assied toi, Mémé est morte ». Ni la vague de douleur et d’incompréhension, puis le déni qui s’en est suivi les minutes d’après. Je garde tout. Le mauvais je le zappe, sauf celui il m’a aidé à avancer. Les actes, les situations, les phrases assassines ou blessantes. Puisque leur simple évocation suffit avec le recul à me conforter et me réjouir de la façon dont j’ai réagi , fait fuir les personnes nuisibles, m’être sorti d’une situation quelconque mais malsaine. Ou même d’un couple. 

Je ne suis pas du tout quelqu’un de négatif, je garde précieusement les plus petits comme les grands bonheurs. Et je zappe allègrement ceux qui peuvent me rappeler une situation ou une vie passée, quand en fait ils sonnaient faux. Bref j’ai la capacité de ne garder de ma vie que le bon, le positif et c’est un don du ciel, ça je le crois vraiment.

Les petits bonheurs, le présent, ma p’tite vie, l’amour et la tendresse pour et de mes enfants, les liens indéfectibles avec mes proches, l’amitié, mon nid douillet, et même la pluie là, qui a fini de tomber, positiver il n’y a que ça de vrai, olé !  🙂