A la recherche du temps perdu

1 décembre 2009 at 14:53 (Uncategorized)

Il y a tous mes souvenirs d’enfance, de celle où j’ai vécu chez ma grand-mère jusqu’à mes 6 ans. Ca j’en ai déjà parlé.
Puis il y a les « autres », ceux de la 2ème partie de ma vie d’enfant. Toujours les week-end chez ma grand-mère évidemment, mais les vacances scolaires, ben oui il fallait nous « caser ». Heureusement, la mère avait une soeur..

Il y avait la maison, en pierre et colombages, si belle avec ses portes basses, la pierre bleue au sol et le vieux bac en pierre dans le hall d’entrée. Il y avait mon oncle, didiou cet homme qu’est-ce que j’ai pu l’adorer… Et mon cousin (aaah mon cousin) et sa soeur, puis mon frère et moi, et donc toutes les vacances scolaires jusqu’à mes 15 ans. Inoubliables. Nos bétises d’enfants, nos expéditions dans le village, les ‘maisons’ que l’on se construisait dans la grange du vieux Nono en dérangeant tous les ballots de foin, les punitions qui suivaient et dont on n’avait cure, et le retour immédiat en commando, pour remettre le même souk aussitôt les ballots remis en place par le pauvre vieil homme. La petite voisine tout en rondeurs, 10 ans à peine et déjà au mise au régime par sa mère, les Weight Watchers voui ça existait déjà, la pauvre on lui faisait manger du thon à l’huile en lui faisant croire que ça la ferait maigrir, sales gosses qu’on était. Les cabanes dans le terrain d’en face, et tout ce que l’on chapardait dans la maison pour les meubler. Cette mémorable cueillette aux champignons, on n’en avait trouvé aucun, on s’était perdu et mon oncle nous avait cherché pendant des heures. Et bien sûr les heures de colles qui avaient suivi, à copier des pages de bottin de téléphone, punition habituelle…  Le petit cimetière, où un lendemain d’enterrement on avait redistribué toutes les fleurs à ceux qui n’en avaient pas, et même défait quelques gerbes pour en refaire de « vrais » bouquets. Encore une punition mémorable, je vois encore le curé venir frapper à la porte, puis mon oncle nous attraper par l’oreille pour nous trainer jusque devant lui. Et ma grand-mère qui le suivait, suppliante « mais Guy, enfin arrêtez, vous allez leur arracher »  🙂
Puis cet été où l’on s’était déclarés archéologues, et où nos expéditions envahissaient la maison de cailloux informes que l’on déclarait fossiles, de morceaux de vaisselle cassée que l’on retrouvait partout -même en bordure du dépotoir public- et que l’on exposait tels de vrais trésors. Mary, une fille au pair venue passer un mois d’été en Belgique et qui évidement ne parlait que l’anglais, didiou la pauvre elle doit à l’heure actuelle encore faire des cauchemars de son séjour avec nous. De la grenouille trouvée dans son lit, aussi. Les vacances d’hiver, puis le retour impossible chez mes parents à cause des congères qui isolaient systématiquement le minuscule village, purée je n’aime pas la neige, mais qu’est-ce que j’ai pu prier sainte Congère si vous saviez ! 🙂
Ma marraine qui était donc aussi ma tante, femme « d’affaire » toujours absente et occupée, ses sorties le soir et à l’époque je l’admirais, pensez y’a 40 ans elle avait un lave-vaisselle et une cuisine américaine(même si jamais elle ne cuisinait), une femme d’ouvrage et une gouvernante pour nous garder, puis évidemment un vieux jardinier, et des baby-sitter les samedi soir, à ne plus savoir les compter, on leur en faisait tellement voir que jamais plus d’un week-end elles ne restaient.
Je ne vous ai pas parlé de la piscine, une « vraie », enterrée et énorme. Vidée chaque hiver, et puis la chasse aux grenouilles et tritons que l’on allait rejeter en bas dans le ruisseau systématiquement au début du printemps. Puis le chat sans âge, qui s’appelait Milou.
Souvenirs merveilleux d’enfance, de cette vie empruntée à mes cousins j’en avais bien conscience mais je n’en avais cure. Au fond eux non plus n’avaient pas de « vraie » mère. 
Enfance brusquement terminée, quand durant ce sale été de 1976 mes parents, puis ma marraine et mon oncle ont divorcé. Fini les vacances et l’insouciance…

Depuis le décès de ma grand-mère, tous les souvenirs, sans exception, remontent et remontent sans cesse à la surface. Je ne sais pas pourquoi ils étaient enfouis aussi loin, ni pourquoi maintenant ils m’accompagnent au quotidien. 
On me dit qu’il parait que ça fait partie du deuil.
Mes madeleines de Proust.

Peut-être que ça sera vrai, quand le deuil de mon enfance sera enfin fait..

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