Nouvelle vie

26 décembre 2007 at 19:30 (Uncategorized)

Et donc Noël fut doux. Parenthèse illuminée avant une réalité noire. Tout en douceur lundi de journée farniente avec mes enfants dans une maison aux bougies parfumées. Tout en douceur pour la soirée, pour un repas gargantuesque chez mon frangin adoré, complicité et petits cadeaux, rien que du bonheur -même si les ados balisaient, un peu-. Retour en milieu de nuit avec mon frère qui jouait au taxi, et ensuite départ de mes grands pour une soirée qui avait lieu non loin de chez moi. Seule à 2 heures du matin après un dernier petit café avec mon frangin, avant qu’il ne reparte sur les routes verglacées. Seule à savourer cette nuit de Noël, étonnée d’être sereine. Et me faire encore un délicieux chocolat chaud avant d’aller au lit. Décidément le mien est le meilleur au monde, j’vous l’avais dit 🙂

Et hier, encore un peu de magie de Noël à saupoudrer. Chez ma grand mère chérie, son fou-rire innatendu pour un détail, et le soleil que j’ai vu dans ses yeux gris m’ont réconcilié avec la vie. Au moins jusqu’à Noël prochain. Ce retour aux sources, même pour quelques heures était exactement ce dont j’avais besoin. Purée comment je ferai quand elle ne sera plus là ! Ne pas y penser. Retour aux sources, et donc pour ça un long trajet en train bien sûr. J’ai adoré. La grêve annoncée ne touchait pas la ligne vers le fin fond de l’Ardenne, et les trains étaient presque bondés. Peuplés de gens que j’immaginais rejoindre des proches. Forcément puisqu’ils avaient tous, presque, des cadeaux avec eux. Et croyez le ou non, ce bonheur, un peu cucul, m’a même fait chaud au coeur. Même l’heure presque entière d’attente de ma correspondance m’a plu. Assise dans le hall de la gare à côté du grand sapin, mal décoré et presque dénudé mais qui embaumait encore, j’ai sorti un bouquin abandonné depuis quelques semaines. A rendre tout bientôt, et puisque celui là au moins m’avait plu parmi le stock qui m’avait été prêté, autant le terminer au moins ça passe le temps. Je n’aime pas lire des livres que l’on me prête en me disant « lis ça, tu vas adorer ». Après on se sent obligé de le terminer, même si il ne plaît pas, puisqu’il faudra forcément donner son avis. Les premiers je les avais terminé. Même quand ils me décevaient. Mais dire ensuite j’ai pas aimé ça ou ça ou ça dans l’histoire, ou bien que c’est toujours le même genre d’histoire (forcément), ça ne plait pas à celui qui l’avait aimé, et qui voulait à tout prix m’influencer dans mes goûts, ‘faire mon éducation littéraire’ comme il disait. Ben il peut se brosser, comme pour mon éducation musicale, héhé. Et comme ce n’est pas mon genre de m’appliquer à aimer ce que l’autre aime juste pour faire plaisir, ben je n’avais plus rien terminé, chaque bouquin essayé tout de même, mais abandonné au quart de l’histoire puisque je n’arrivais pas à « entrer » dedans. Et il restait un livre dans le carton. « Je ne connais pas cet auteur, pas encore lu celui-là m’avait-il dit » Hourra, la première à le lire. Et tiens, j’avais adoré. Mais le livre était reparti dans la caisse, un jour où je devais tout rendre. Non terminé. Vite, replonger dans cette caisse avant que pour de bon elle ne reparte, vite le finir. Replonger dans l’histoire, rapidement retrouver la page où je l’avais abandonné. Hasard étrange, dans le récit ils sont à la date du 23 décembre. Ne pas s’arrêter aux signes, qui n’en sont pas, certainement. Dévorer la fin du bouquin, et sourire. Parce que celui là se termine bien.

Pour le retour, encore une longue attente dans la même gare. Le train est déjà à quai et on peut embarquer, même en étant à 1 heure du départ. Sortir de cette gare où je ne reviendrai probablement jamais. L’heure d’attente passera vite, le train se remplit doucement. Les gens ont encore des cadeaux, reçus cette fois, du moins je l’imagine. Le train démarre enfin et j’aimerais qu’il aille plus vite. Rouler vers chez moi. Retrouver mes enfants. Ma seule famille. Rentrer juste à temps pour mitonner un nouveau repas de Noël et replonger dans l’ambiance, une dernière fois.

Ce matin la trêve de Noël est terminée. Je reprends le cours de ma vie. Je reprends le boulot aussi, et j’attends un nouveau petit pote. Nouvelle petite bouille à découvrir, à apprivoiser. Je me réjouis. Journée cool, ils ne seront que 3. Mon Jim vient de se lever et décide de traîner en pyjama. « après ce week-end de fous, ma première vraie journée de congé », me dit-il.

Cette après-midi pendant la sieste des petits, on démontera le sapin, mort bien avant l’heure et déjà presque sans épines.

Re-déménager les meubles, remettre tout en place.

Virer toutes les décos de Noël. Atterrir dans la réalité. Ou m’écraser au sol. « le premier vrai jour de ma nouvelle vie », me dis-je. Sans lui.

Re-prendre mes habitudes, mes repères. Pour ne pas m’écrouler. La vie, comme mes meubles, reprend sa place.

 

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